L’humanité disparaitra, bon débarras! de Yves PACCALET


« J’ai cru en l’homme. Je n’y crois plus. J’ai eu foi dans l’humanité : c’est fini. J’ai pensé, dit et écrit que mon espèce avait un avenir. J’ai tenté de m’en persuader. Je suis maintenant sûr du contraire : l’humanité n’a nul destin. Ni lendemain qui chante, ni surlendemain qui fredonne.

No future: elle est comme une droguée – avide et déjantée, esclave des biens matériels, en souffrance de consommation, asservie à ce qu’elle imagine être la « croissance » ou le « progrès », et qui sera sa perte.
Si elle ne s’autodétruit pas dans une guerre atomique… Une épave! …

J’ai vu les résolutions de la conférence de Stockholm s’engloutir dans les pollutions, les saccages et les profits boursiers qui s’ensuivent. J’ai regardé le Programme des Nations unies pour l’Environnement se consumer dans les dévastations civiles et guerrières.

Le même sort est advenu à l’appel de Rio de Janeiro de 1992, une ville de carnaval et de favelas où j’avais pourtant vu le commandant Cousteau se faire acclamer devant un parterre de chefs d’État – sacré « Captain Planet » ou « conscience écologique » d’une humanité enfin soucieuse de la maison Terre.

Fariboles à usage médiatique! Le protocole de Kyoto, élaboré en 1997, s’asphyxie dans l’égoïsme forcené des riches – tout comme la planète étouffe dans les excès de gaz carbonique, d’ammoniac et de méthane. J’en ai marre de la perpétuelle dictature des intérêts individuels, familiaux, corporatistes, religieux, communautaires ou nationaux ; du je-m’en-foutisme et de l’hypocrisie; de la bassesse ordinaire ; de l’égoïsme général (je me range, évidemment, sous l’adjectif « général »).

Je continue le combat pour la planète et pour l’homme sans la moindre perspective de succès. Par habitude. Par devoir. Mais sans autre espérance que d’en rire ou d’en pleurer – tel le musicien du Titanic en train de jouer Plus près de toi, mon Dieu, de l’eau jusqu’aux genoux.

Aux yeux du philosophe qui n’a jamais entretenu d’illusions, ou du moraliste qui a perdu toutes les siennes, l’homme est un poulet à deux pieds sans plumes qui descend des bactéries et qui y retourne après avoir saccagé le poulailler.

Sauf miracle… Mais, je le rappelle, un miracle est un événement que tout le monde attend pour conjurer la catastrophe, et qui n’arrive jamais.

Je suis un déçu de l’humanité, comme d’autres le sont du socialisme ou du capitalisme… Nous fonçons vers le précipice en nous réjouissant de notre vitesse prodigieuse, que nous nommons « croissance »… Chaque métaphore est éculée, mais pertinente. »

Yves Paccalet.

Yves Paccalet est né en 1945, en Savoie. Philosophe, écrivain, journaliste, naturaliste, biologiste, botaniste et zoologue, scénariste. Etudes de philosophie à l’Ecole normale supérieure. Passionné de nature, il rencontre Jacques-Yves Cousteau en 1972 et en 1975 embarque sur la Calypso pour quinze ans, échangeant ses « capacités d’écriture contre la possibilité de voir le monde », des Caraïbes à la Nouvelle-Z

élande, en passant par l’Amazonie et les pôles, rédigeant les livres et les textes des films du commandant Cousteau.

Il lui signe une vingtaine de livres. Il publie ensuite de nombreux ouvrages de nature « La Terre et la Vie », « La Mer et la Vie », « Secrets de corail », « Baleines », de littérature et de philosophie « L’Odeur du soleil dans l’herbe », « Humeurs sauvages ». Il collabore à Terre sauvage, à Géo Magazine, au Nouvel Observateur, au Figaro Magazine, etc., écrit des scénarios de B.D. et de dessins animés, se consacre au roman « L’Azur! L’Azur! » et à d’autres livres illustrés ou essais littéraires « Le Bonheur en marchant », « Mes plus belles balades en France », « Kamtchatka, la terre des origines », « La France des légendes », « La Vie secrète des dauphins », « Soigner l’homme, soigner la Terre », « L’Ecole de la nature », « Voyage au pays des montagnes », « Voyage au pays des fleurs », « Mystères et légendes de la mer », « Forêts de légendes », « Extrême Sud », « L’Humanité disparaîtra, bon débarras! ».
Il prépare de nouvelles émissions de radio et des séries documentaires pour la télévision.

Jean

« C’est la nuit qu’il est beau de croire en la Lumière! »

Note de l’admisnistrateur : Ils sont de plus en plus nombreux les crieurs du désert mais le plus grand cri, celui que nous serons forcé d’écouter, sera celui de la terre blessée par les grands cataclysmes météorologiques, biologiques … qui arrivent… demain … et le chiffre 666 de cette date d’édition n’a rien à voir la dedans.

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8 Réponses to “L’humanité disparaitra, bon débarras! de Yves PACCALET”

  1. Livre Blog Digest - L'humanité disparaitra, bon débarras! de Yves PACCALET Says:

    […] No future: elle est comme une droguée – avide et déjantée, esclave des biens matériels, en souffrance de consommation, asservie à ce qu’elle imagine être la « croissance » ou le « progrès », et qui sera sa perte. Si elle ne s’autodétruit pas dans une guerre atomique… Une é … Posted by amazoniaCool, isn’t it?Link to original article […]

  2. Opaline Carmin Says:

    Bcp d’espoirs déchus …

  3. Ja Lam Says:

    pas de commentaires, tout est dit

  4. Chantal (Belgique) Says:

    1.000% d’accord et croisons les doigts pour que les deux pattes (ne méritent pas le nom d’humain) ne trouvent JAMAIS une autre planète où vivre car ce sera la mort de cette planète!

  5. pierrette cimon Says:

    100% d’accord. Nous sommes plus à plaindre que nous pensons.

  6. Philippe Idelovici Says:

    Oui mais l’amour infini d’une mère pour ces enfants, la lumière capturée dans un tableau de goya, la grace d’un concerto de mozart, la beauté de la segrada de gaudi, les miracles quotidiens de la science….
    L humanité est un combat…
    Vous renoncez ?

  7. pivoine Says:

    Oui, tout est dit sauf l‘essentiel : il faut agir sur la reproduction humaine à tout prix. Supprimer toutes les allocations familiales, aides sociales, ONG humanitaires, partout et empêcher toutes les migrations du sud vers le nord, encourager le refus d‘enfanter, pénaliser les mères et pères de plus de deux enfants en couple, un pour un adulte seul et ne pas soigner les épidémies qui sont le signe que la Terre en a assez, que les effectifs humains sont trop nombreux, trop lourds d‘impacts négatifs sur les biotopes du globe. Les moyens mis en oeuvre pour faire croître cette espèce devenue un fléau, doivent être redirigés vers la réparation des destructions humaines et la protection des autres espèces vivantes jusqu‘à retrouver un équilibre. Commençons par cesser les dons aux humanitaires et aidons les animaux décimés par la perte de leur espace vital, les pièges, le poison, le plastique, la pollution, la chasse et la pêche, partout …

  8. Brian Says:

    Hélas vous avez raison …

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